La scène n'opale
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La scène n'opale
C'est une terre rouge,
fluide et coulante,
comme un liquide du corps humain.
Auparavant, les chênes brûlaient leurs feuilles courtes et rauques sous les soleils de Juin.
Vues depuis l'Obispado, cette vieille carne édifiée comme forteresse pour faire front aux gringos moustachus, les vallées semblent avancer à l'envers, de l'embouchure à la source, araignée à quatre pattes et au corps gris ressemblant à une ville.
Toutes les eaux courent vers Monterrey, toutes les richesses également. Les rivières charrient les savoirs-faire campagnards et les brisent, les chirurgie-plastique, les chirurgie-mystique, pour n'en garder qu'une force brute, le bras bruni du travailleur, et l'exploiter avec la satisfaction du partage.
C'est une terre rouge
Parce que les rios le sont.
Ils sont le sang des jeunes “deuxième génération” pris aux bras de leurs pairs par la mâchoire métallique du narcotrafic. La force brute a changé de profil. Elle se résume à un doigt, un index ferme pour enclencher la gâchette d'une AK47 ; un coeur évidé avec soin par de l'argent, des châteaux de cartes, des paradis immédiats.
La malédiction n'existe pas.
Il suffit de voir un maguey,
un nogal géantissime,
une anacahuita sur le chemin des courses,
un Topo Chico mangé
puis bu.
La malédiction n'existe pas ou bien dans son sens le plus strict:
Il est juste probable que notre histoire quotidienne et mobile que j'aime appeler musique ne soit guère bien énoncée, qu'elle ait remplacé les croches par des coups d'épée à poudre.
fluide et coulante,
comme un liquide du corps humain.
Auparavant, les chênes brûlaient leurs feuilles courtes et rauques sous les soleils de Juin.
Vues depuis l'Obispado, cette vieille carne édifiée comme forteresse pour faire front aux gringos moustachus, les vallées semblent avancer à l'envers, de l'embouchure à la source, araignée à quatre pattes et au corps gris ressemblant à une ville.
Toutes les eaux courent vers Monterrey, toutes les richesses également. Les rivières charrient les savoirs-faire campagnards et les brisent, les chirurgie-plastique, les chirurgie-mystique, pour n'en garder qu'une force brute, le bras bruni du travailleur, et l'exploiter avec la satisfaction du partage.
C'est une terre rouge
Parce que les rios le sont.
Ils sont le sang des jeunes “deuxième génération” pris aux bras de leurs pairs par la mâchoire métallique du narcotrafic. La force brute a changé de profil. Elle se résume à un doigt, un index ferme pour enclencher la gâchette d'une AK47 ; un coeur évidé avec soin par de l'argent, des châteaux de cartes, des paradis immédiats.
La malédiction n'existe pas.
Il suffit de voir un maguey,
un nogal géantissime,
une anacahuita sur le chemin des courses,
un Topo Chico mangé
puis bu.
La malédiction n'existe pas ou bien dans son sens le plus strict:
Il est juste probable que notre histoire quotidienne et mobile que j'aime appeler musique ne soit guère bien énoncée, qu'elle ait remplacé les croches par des coups d'épée à poudre.
pescaire66(oletouroque)- Nombre de messages : 28
Age : 39
Date d'inscription : 29/12/2010
Re: La scène n'opale
Concernant "l'accroche", j'aurais préféré :
C'est une terre roue,
fluide et coulante,
comme le sang.
Il y a un côté un peu "niais" à "comme un liquide du corps humain". Je n'arrive pas à prendre cette formule au sérieux...
Sinon je suis un peu perplexe concernant le reste. Je suis restée au bout de votre paysage, je n'y suis jamais entrée...
C'est une terre roue,
fluide et coulante,
comme le sang.
Il y a un côté un peu "niais" à "comme un liquide du corps humain". Je n'arrive pas à prendre cette formule au sérieux...
Sinon je suis un peu perplexe concernant le reste. Je suis restée au bout de votre paysage, je n'y suis jamais entrée...
Lifewithwords- Nombre de messages : 785
Age : 32
Localisation : Hauts de Seine
Date d'inscription : 27/08/2007
Re: La scène n'opale
De belles images, celle-ci notamment : les vallées semblent avancer à l'envers, de l'embouchure à la source, araignée à quatre pattes et au corps gris ressemblant à une ville
Et l’ambiance mexicaine est là.
En revanche je n’ai pas bien compris où ce texte voulait en venir, il me manque peut-être quelques clés pour le saisir.
Et l’ambiance mexicaine est là.
En revanche je n’ai pas bien compris où ce texte voulait en venir, il me manque peut-être quelques clés pour le saisir.
elea- Nombre de messages : 4894
Age : 51
Localisation : Au bout de mes doigts
Date d'inscription : 09/04/2010
Re: La scène n'opale
Je commente à nouveau car je trouve que j'ai été un peu lapidaire sans apporter assez d'éléments pour faire comprendre ma critique :-)
Je ne suis pas entrée dans le texte c'est vrai, peut-être que je dois chercher un peu pourquoi si cela doit être utile.
Je pense que le nombreux mots mexicains m'ont perturbée. Comme elea, ça met l'ambiance, mais de la distance aussi avec un lecteur qui ne comprend pas... Il y a aussi beaucoup d'accumulations qui ont eu tendance à me perdre. Enfin peut-être une mise en page curieuse, je ne suis vraiment pas fan de ce genre de choses. Mais peut-être que d'autres aprécient.
Je ne suis pas entrée dans le texte c'est vrai, peut-être que je dois chercher un peu pourquoi si cela doit être utile.
Je pense que le nombreux mots mexicains m'ont perturbée. Comme elea, ça met l'ambiance, mais de la distance aussi avec un lecteur qui ne comprend pas... Il y a aussi beaucoup d'accumulations qui ont eu tendance à me perdre. Enfin peut-être une mise en page curieuse, je ne suis vraiment pas fan de ce genre de choses. Mais peut-être que d'autres aprécient.
Lifewithwords- Nombre de messages : 785
Age : 32
Localisation : Hauts de Seine
Date d'inscription : 27/08/2007
Hermétique
Ce texte est très hermétique.
Il est beau, agréable à lire. Mais on n'a l'impression de ne lire que des mots. Un certain ressenti se dégage à la lecture des mots, on sent l'ambiance. Mais on ne fait que lire les mots et ressentir l'ambiance. Si c'est ce que tu attendais, c'est bien.
Mais je n'ai pas réussi à m'emparer de ce qui était écrit, j'ai survolé le texte, ai eu quelques couleurs en tête, mais jamais d'appropriation, jamais je n'ai vu. C'est pourtant une description. En cause : la syntaxe qui ajoute de denses éléments avec des images denses et du vocabulaire typique dense.
Si c'est ce que tu veux, tant mieux ; pour ma part il me paraît un peu trop hermétique.
Il est beau, agréable à lire. Mais on n'a l'impression de ne lire que des mots. Un certain ressenti se dégage à la lecture des mots, on sent l'ambiance. Mais on ne fait que lire les mots et ressentir l'ambiance. Si c'est ce que tu attendais, c'est bien.
Mais je n'ai pas réussi à m'emparer de ce qui était écrit, j'ai survolé le texte, ai eu quelques couleurs en tête, mais jamais d'appropriation, jamais je n'ai vu. C'est pourtant une description. En cause : la syntaxe qui ajoute de denses éléments avec des images denses et du vocabulaire typique dense.
Si c'est ce que tu veux, tant mieux ; pour ma part il me paraît un peu trop hermétique.
Bouli- Nombre de messages : 25
Age : 56
Date d'inscription : 09/03/2011
Re: La scène n'opale
Difficile de commenter car je te retrouve avec plaisir, Ole, toi et tes descriptions d'un autre monde qui me séduisent souvent, donc je plaide une parfaite subjectivité en la matière qui fait que j'ai pris le tout tel quel, sans discernement, avec beaucoup de plaisir.
Une fois de plus, tu dépeins des horizons dramatiques sans sombrer dans le pathos et tu dis beaucoup en peu de mots.
Une fois de plus, tu dépeins des horizons dramatiques sans sombrer dans le pathos et tu dis beaucoup en peu de mots.
Sahkti- Nombre de messages : 31659
Age : 50
Localisation : Suisse et Belgique
Date d'inscription : 12/12/2005
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