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Jo label bleu (suite)

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Message  Pascal-Claude Perrault le Jeu 2 Avr 2020 - 17:27

Suite de Jo label bleu, conte de Perrault revu et corrigé, dont vous trouverez la première partie ici : https://vosecrits.1fr1.net/t15360-jo-label-bleu


Jo label bleu trouva finalement chaussure à son pied en la personne de Gertrude, jeune adolescente de dix-sept ans, mais il ne s’aperçut que plus tard d’un détail qui le contraria : la fille était sourde, aveugle, n’avait plus de dents, possédait trois oreilles dont une sur le bras droit, une autre à la place du nez, de plus elle avait des écailles dans le dos, il la jeta donc à la poubelle sans autre forme de précaution et sans attendre.

Par la suite, il put se marier avec une des filles de sa voisine qui, elle, avait juste la fâcheuse habitude de changer de couleur comme un caméléon, et dont la troisième jambe ne semblait pas déranger Jo plus que ça.

Ils vécurent longtemps et eurent beaucoup d’enfants… Ah, non, c’est po encore là. Euh, pouf-pouf...

Jo label bleu commença donc à partager la vie de Marie-Donald (c’était le premier prénom de la fille, son second sur l’état civil étant Clitorine-Chiasse).

Au bout d’un mois, il lui dit qu’il était obligé de partir à la pêche, et que la plupart du temps il devait rester au moins six semaines assis sur son tabouret, attendant que ça morde à l’hameçon parce que, disait-il, il pêchait dans une flaque d’eau, et que le saumon se faisait rare. À l’entendre, Marie-Donald devint verte, avant de passer au jaune fluo.

Il lui confia un trousseau de clefs afin qu’elle pût accéder à divers endroits du château, comme la cave à vin, la salle de cinéma, le jacuzzi, le local des serveurs informatiques, bref toute chose utile au maître des lieux, mais difficile à trouver en 1697.

Il y avait, sur ce trousseau, une clef plus petite que les autres à propos de laquelle Jo dit à Marie-Donald :
« Pour cette clef-ci – c’est la clef du cabinet au bout du tunnel souterrain qui mène au futur bunker d’Hitler –, tu ne dois en aucun cas ouvrir la porte de cet endroit, car en réalité il s’agit des chiottes qui sont bouchées depuis dix ans, y a peut-être des rats là-dedans, on ne sait pas. »

Et, pour accentuer cet ordre donné, il plagiat délibérément Charles Perrault en piquant cette apostrophe :

« Ouvrez tout, allez partout ; mais, pour ce petit cabinet, je vous défends d’y entrer, et je vous le défends de telle sorte que, s’il vous arrive de l’ouvrir, il n’y a rien que vous ne deviez attendre de ma colère. »

Puis, sans autre forme de procès, il partit.

Que pensez-vous que fit cette écervelée une fois Jo label bleu absent ? Hein ? Eh ben oui, elle fonça au bunker à toute blinde, au risque de se casser la gueule à cause de sa troisième jambe, tandis qu’elle virait tantôt au bleu, tantôt au rouge.

Elle arriva devant le fameux cabinet interdit, c’est à ce moment là qu’elle se mit à clignoter comme un feu tricolore fou, tellement son cœur battait. Elle entrouvrit la porte, pénétra dans un lieu sombre, actionna l’interrupteur électrique, et la lumière fut.

Apparurent alors des cadavres de toutes sortes : des pangolins chauve-souris, des mygales à huit pattes, des hérissons à collerette, des omelettes baveuses à moustaches, des escargots philosophes, des chapeaux texans, de la barbe-à-papa, des clous, des livres de recettes de Maïté, et bien d’autres choses gisant dans une mare de jaune d’œuf, d’huile de vidange et de peinture acrylique :

• blanc de zinc
• noir d’ivoire
• jaune de cadmium-citron, jaune de cadmium-clair, jaune de cadmium-foncé
• laque de garance-foncée
• bleu de cobalt-clair, bleu céruléum, bleu d’outremer-foncé
• ocre jaune, terre de Sienne-brûlée, terre d’ombre-brûlée
• vert caca d’oie

Marie-Donald en profita pour virer au pourpre. Elle referma la porte du cabinet, puis éternua violemment – ce qui n’a rien à voir avec le fait de tourner une clef dans une serrure.
Revenue au salon, elle vit de la morve verdâtre sur la clef (c’est normal elle avait une sinusite). Elle tenta de nettoyer la clef en vain car la clef était fée (c’est normal, on est dans un conte).

Sur ces entrefaites, le barbu revint chez lui car il avait oublié sa carte bancaire pour mettre de l’essence dans son cheval. Il demanda alors le trousseau de clefs à sa femme qui alla quérir ledit trousseau qu’elle avait reposé dans le secrétaire de sa chambre à coucher par terre au premier étage tournez à droite puis première à gauche suivre les indications Melun jusqu’au au porche violet prendre l’ascenseur en plastique recyclable puis enjamber la rivière pourpre et passer le pont de Joinville. Fffffffff…. Reprenons depuis le début (non mais suivez, merde !)

Elle rapporta le trousseau sur lequel la petite clef souillée n’était plus, ce qui n’échappa pas, papa, au barbu barbant qui le lui fit bien remarquer :
« Et où que c’est donc que ceçà là qu’un truc que je voyas bizarre soudainement en ces lieux manquant sur ce trousseau et sur icelui manquant avec manquage effronté ? Hmmm ? »

La pauvre se colora alors d’une couleur jusque là inconnue des plus grands peintres de la planète, vacillant sur sa troisième jambe.
« Mais c’est que, heu.. je…  Puis elle éternua (ce qui est ici un détail de moindre importance).
— Va en toute immédiateté me quérir immédiatement dès lors et présentement maintenant sur le champ de bataille et de pommes de terre avec promptitude cette clef que je ne voyas car elle est en manquance en ces non lieux soudainement manquante sur ce trousseau et sur icelui manquante avec manquage et manquation effrontément effrontée ! »

La douce s’exécuta et revint avec la clef qu’elle remit à cet ogre arborant bleu foisonnement de poils visagiers.
« Qu’est-ce donc ceçà que je voyas en ces lieux sur cette clef ?
— Ben, j’ai éternué… po d’ma faute hein…
— Ah, mais c’est dégueu ! Très crade, c’est de la morve ! Tu es allée dans mon cabinet secret malgré mon interdiction, j’espère que tu n’as rien dérangé parce que je suis un peu maniaque avec le rangement. Bon, ben normalement c’est à ce moment là du conte que tu vas morfler, désolé.
— Pitié ! »

                                                                ………….

Bon, ok, on va faire une courte pause, parce que hein les copains faut que j’aille au p’tit coin. Pendant ce temps là faites comme chez vous, y a du Périer au frigo et des chips dans le placard.

                                                               ………….


Bien, reprenons. Donc Jo il est pas content hein ; et c’est à ce moment que j’en profite pour repiquer une partie du texte de Charles :

«  Il faut mourir, madame, lui dit-il, et tout à l’heure.
— Puisqu’il faut mourir, répondit-elle, en le regardant les yeux baignés de larmes, donnez-moi un peu de temps pour prier Dieu.
— Je vous donne un demi-quart d’heure, reprit la Barbe-Bleue ; mais pas un moment davantage. »


Lorsqu’elle fut seule, Marie-Donald appela sa sœur Anne-Aphore au téléphone (un téléphone de 1697 dernier cri avec la 50 G du XVIIe) :
« Je suis dans la daube, tu devrais monter dans la tour pour voir si les frangins arrivent, je leur ai envoyé un SMS tout à l’heure, ils m’ont dit qu’ils sont en plein tournage de d’Artagnan au pays des pangolins, un documentaire réalisé par Louis XIV et Woody Allen, s’ils peuvent se libérer ils arrivent, autrement ils m’envoient les sept nains.
— Pas de problème ma sœur, car moi Anne-Aphore, je te viendrai en aide, moi Anne-Aphore, je serai là, moi Anne-Aphore, je ferai le boulot, moi Anne-Aphore…
— Ferme ta gueule et fonce ! Ah, ben on t’a pas appelée Anne-Aphore pour rien toi hein ! »

Pendant ce temps, Jo label bleu remplissait son pistolet à eau de peinture glycérophtalique couleur bleu mortuaire métallisé, tout en marmonnant dans sa barbe (bleue, elle aussi, mais tirant davantage sur le gris souris, cependant) : je vais te lui repeindre la gueule définitivement à cette morue multicolore, vais lui passer l’envie d’aller dans mes chiottes privées !

Et au même moment :
« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?
— Moi Anne-Aphore ne vois rien venir, moi Anne-Aphore ne vois rien que le Soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie, moi Anne-Aphore…
— Ouais, c’est bon ! Pffff »

Le label bleu, complètement excité crie, cria, et criait (ouais ben je fais ce que je veux, je mélange les temps, celui qui n’est pas content, ben c’est le même prix) :

« Marie-Donald ! Ton temps est venu, maintenant tu dois venir à moi, ou j’irai te chercher ! Arrête ton mic-mac Donald ! (oui, j’avoue, c’est nul ce calembour, mais je le laisse quand même).

« Cependant la Barbe Bleue, tenant un grand coutelas à sa main, criait de toute sa force à sa femme : Descends vite, ou je monterai là-haut. »

(Hé, il est con Charles Perrault hein, il commet un pléonasme, poil au miasmes)

Cependant que la douce Marie-Donald téléphonait à Trump… non, c’est pas ça…
Cependant que la douce Marie-Donald hurlait à sa sœur :

« Alors, ça vient ou ça vient pas ?
— Hé ho, calmos. Je vois deux cavaliers, mais soit ils sont minuscules, soit ils sont loin. Bon, je ne sais pas exactement si ce sont des hobbits ou des nains… Ah, ok, ils approchent, je les vois bien maintenant… Merde, c’est Atchoum et Grincheux, j’espère que ça va le faire… »

La Barbe-Bleue se mit à crier si fort que toute la maison en trembla. La pauvre femme descendit, et alla se jeter à ses pieds tout épleurée et tout échevelée. « Cela ne sert de rien, dit la Barbe-Bleue ; il faut mourir. » Puis, la prenant d’une main par les cheveux, et de l’autre levant le coutelas en l’air, il allait lui abattre la tête. La pauvre femme, se tournant vers lui, et le regardant avec des yeux mourants, le pria de lui donner un petit moment pour se recueillir. « Non, non, dit-il, recommande-toi bien à Dieu ; » et, levant son bras…

En cet instant on frappa à la porte avec une telle vigueur que Jo fut interrompu d’un seul coup. Il alla ouvrir. Un petit homme qui se dressait devant lui s’exprima alors en ces termes :

« ‘jour m’sieur, c’est DHL, un colis pour vous de chez CDISCOUNT, veuillez signer ici, avec des gants en latex et votre masque antivirus, si possible, tenez-vous à un mètre de moi ! »

Jo label bleu, notre anti-héros, fut pris de court car (courcar, je fais des progrès), une horde de deux nains vigoureux lui tomba sur la face sans crier gare.

Notre pauvre Jo se trouva en un instant avec la barbe en feu (ben, les nains ils y vont pas avec le dos de la cuillère, ambiance cocktail Molotov dans la tronche et tout), puis après un dégazage à coup d’extincteur à poudre, notre duo de mercenaires enferma définitivement le sieur Jo dans son cabinet secret.

Du coup, Marie-Donald condamna le tunnel menant au bunker, en l’obturant avec force cimentation.

Personne ne sut ce que devint Jo label bleu après qu’il fut brûlé au visage et enfermé ; il ne lui restait, pour tout vestige de barbe, qu’une petite moustache étroite siégeant sous son nez.
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Message  HELLION le Jeu 2 Avr 2020 - 17:57

C'est assurément complètement barge, Messire ! La sinistre araignée ne vous aurait-elle point rongé vos pauvres méninges ?  Je dois nonobstant vous confier que je me suis esclaffé à moult reprises. C’est donc que votre conte n'est pas exempt d'une vis comica qui produit effet...
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Message  Pascal-Claude Perrault le Jeu 2 Avr 2020 - 19:16

Amen
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Message  Pascal-Claude Perrault le Jeu 2 Avr 2020 - 19:36

Suis peut-être un petit peu sous influence rabelaisienne parfois... je ne sais.
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Message  Polixène le Jeu 2 Avr 2020 - 19:57

Ahah du Rabelais qui se boit ou du Rabelais qui se fume? Excès de café? Non je sais : Pascal, t'as encore regardé le 20heures!
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Message  So-Back le Ven 3 Avr 2020 - 9:59

je décerne un label d'or, étant fan de

« Je suis dans la daube, tu devrais monter dans la tour pour voir si les frangins arrivent, je leur ai envoyé un SMS tout à l’heure, ils m’ont dit qu’ils sont en plein tournage de d’Artagnan au pays des pangolins, un documentaire réalisé par Louis XIV et Woody Allen, s’ils peuvent se libérer ils arrivent, autrement ils m’envoient les sept nains
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