Discussions autour de nos textes
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Like someone in love (chanson mièvre)
bonjour CROISIC, et merci pour la lecture.
je découds puis recouds mes anciens textes, prose et poésie.
je pousse la porte, j'entre, ouvre les fenêtres et les volets, et là tout est différent,
la lumière est différente.
bonne journée,
je découds puis recouds mes anciens textes, prose et poésie.
je pousse la porte, j'entre, ouvre les fenêtres et les volets, et là tout est différent,
la lumière est différente.
bonne journée,
Pussicat- Nombre de messages : 4846
Age : 57
Localisation : France
Date d'inscription : 17/02/2012
Quand nos ombres nous portent... réponse à Rêvelin
Je réponds ici pour ne pas faire remonter le poème.
Carmen est mon prénom, il ne colle pas trop à mon physique, mais reflète bien mon caractère, celui qui m'anime - mon élan intérieur - malgré le calme qui caractérise mon approche, du monde, des autres.
Mes titres : j'ai toujours du mal à les trouver, après écriture, ils sont soient excellents, soit catastrophiques.
Mes poèmes : je suis désolée s'ils ne te parlent pas. Il est vrai qu'ils peuvent paraître décousus, je ne donne que des bribes, qui sont un peu comme les images en sophrologie. Elles font appel à l'intuition, au cerveau droit, à la mémoire plus ou moins profonde de chacun. Quand j'écris, par contre, la teneur du poème est très claire dans mon esprit, mais je laisse le soin à chacun de fondre son histoire sur mes mots.
J'en suis là aujourd'hui en matière d'écriture. Je ne sais pas comment je dirai les choses demain. Le style évoluera peut-être ou changera de façon spectaculaire (c'est ce qui le plus probable), à moins que je cesse d'écrire... On verra bien !
Quand tu parles d'article, tu veux parler des ateliers d'écriture de l'an dernier dans une classe de CM ? J'aime intervenir, bénévolement, dans les classes, si on fait appel à moi.
Carmen est mon prénom, il ne colle pas trop à mon physique, mais reflète bien mon caractère, celui qui m'anime - mon élan intérieur - malgré le calme qui caractérise mon approche, du monde, des autres.
Mes titres : j'ai toujours du mal à les trouver, après écriture, ils sont soient excellents, soit catastrophiques.
Mes poèmes : je suis désolée s'ils ne te parlent pas. Il est vrai qu'ils peuvent paraître décousus, je ne donne que des bribes, qui sont un peu comme les images en sophrologie. Elles font appel à l'intuition, au cerveau droit, à la mémoire plus ou moins profonde de chacun. Quand j'écris, par contre, la teneur du poème est très claire dans mon esprit, mais je laisse le soin à chacun de fondre son histoire sur mes mots.
J'en suis là aujourd'hui en matière d'écriture. Je ne sais pas comment je dirai les choses demain. Le style évoluera peut-être ou changera de façon spectaculaire (c'est ce qui le plus probable), à moins que je cesse d'écrire... On verra bien !
Quand tu parles d'article, tu veux parler des ateliers d'écriture de l'an dernier dans une classe de CM ? J'aime intervenir, bénévolement, dans les classes, si on fait appel à moi.
Carmen P.- Nombre de messages : 537
Age : 70
Localisation : Ouest
Date d'inscription : 23/04/2010
Re: Discussions autour de nos textes
je viens de lire ton coming-out poétique... ))) et ça me parle, et même plus, ça me touche, ça me plante direct dans le cerveau...Carmen P. a écrit:Je réponds ici pour ne pas faire remonter le poème.
Carmen est mon prénom, il ne colle pas trop à mon physique, mais reflète bien mon caractère, celui qui m'anime - mon élan intérieur - malgré le calme qui caractérise mon approche, du monde, des autres.
Mes titres : j'ai toujours du mal à les trouver, après écriture, ils sont soient excellents, soit catastrophiques.
Mes poèmes : je suis désolée s'ils ne te parlent pas. Il est vrai qu'ils peuvent paraître décousus, je ne donne que des bribes, qui sont un peu comme les images en sophrologie. Elles font appel à l'intuition, au cerveau droit, à la mémoire plus ou moins profonde de chacun. Quand j'écris, par contre, la teneur du poème est très claire dans mon esprit, mais je laisse le soin à chacun de fondre son histoire sur mes mots.
J'en suis là aujourd'hui en matière d'écriture. Je ne sais pas comment je dirai les choses demain. Le style évoluera peut-être ou changera de façon spectaculaire (c'est ce qui le plus probable), à moins que je cesse d'écrire... On verra bien !
Quand tu parles d'article, tu veux parler des ateliers d'écriture de l'an dernier dans une classe de CM ? J'aime intervenir, bénévolement, dans les classes, si on fait appel à moi.
mon écriture est instinctive... impulsive... (je laisse de côté les exercices)... je pars d'un mot, d'une image, d'une odeur, d'un regard, d'un geste, d'une couleur, et quand je dis "je pars" je devrais dire "tout part" tant j'ai l'impression, l'intuition que cela ne m'appartient pas... je l'attrape et tout s'éclaire comme un film qui se déroule... ensuite je rembobine ou pas... je laisse brut ou je coupe... je monte...
je suis nulle pour titrer mes textes Carmen P, à preuve mon acrostiche VOSECRITS sur le Goéland que je nomme : Marinade... plus nul, y'a pas mieux...
j'avais trouvé un autre titre, après postage : Le Goéland vole... avec un jeu sur "envol"... trop tard.
j'ai apprécié cette lecture,
merci à toi,
Pussicat- Nombre de messages : 4846
Age : 57
Localisation : France
Date d'inscription : 17/02/2012
Re: Discussions autour de nos textes
Je ne trouve pas cet acrostiche, Pussicat.
Carmen P.- Nombre de messages : 537
Age : 70
Localisation : Ouest
Date d'inscription : 23/04/2010
Re: Discussions autour de nos textes
-> http://www.vosecrits.com/t13973-marinade?highlight=marinade
jfmoods- Nombre de messages : 692
Age : 59
Localisation : jfmoods@yahoo.fr
Date d'inscription : 16/07/2013
Re: Discussions autour de nos textes
Oui, je voulais parler de votre bénévolat.
Merci pour cette réponse !
Merci pour cette réponse !
Octobre 23
Je l'écris comme je pense être le mieux, après le poème se débrouille, je ne refuse à personne de le lire à sa façon.seyne a écrit:Du coup, changeons de polémique : comment vis-tu le fait que presque tout le monde se soit fait avoir ?
Je veux dire que peut-être tu risques parfois de n'adresser tes poèmes qu'aux Sherlock Holmes amoureux d'empreintes, lisant dos courbé et la loupe à la main ? Et de louper les flemmards empathiques ?
Je n'ai donné cette longue explication que pour soulager le grincement qui t'a fait mal aux oreilles.
Tristesse peut être, nostalgie pas du tout. Il ne faut pas rêver sur les usines puantes et les mines assassines. Et je ne dénie pas la beauté du monde, je revendique la beauté du monde, "la beauté des choses"Frédéric a écrit:ce n'est pas la tristesse ni la nostalgie
mais plutôt ton bonheur ordinaire d'érudite intellectuelle sortant donc de la visite du musée
les fleurs et les arbres et les oiseaux
les lettres de l'alphabet (des alphabets) et les cédilles, les trémas
les noms des villes et des villages qui s'appellent "fleur"
le sourire de la crémière...
....
Annie- Nombre de messages : 1452
Age : 74
Date d'inscription : 07/07/2010
Re: Discussions autour de nos textes
oui, et ta réponse m'a satisfaite. Effectivement l'auteur n'a pas (et ne peut pas) se préoccuper de la façon dont sera reçu son poème. Il ne peut que faire au mieux selon ce qu'il sent. Mais la question de la place de la poésie dans le monde contemporain, c'est une question qui me turlupine.
Enfin, je voulais partager avec toi une réflexion au sujet de ça :
http://www.fibrillations.net/La-necessaire-illisibilite
Enfin, je voulais partager avec toi une réflexion au sujet de ça :
http://www.fibrillations.net/La-necessaire-illisibilite
Re: Discussions autour de nos textes
je rejoins seyne
quand je pense que l'écriture poétique
doit être le juste équilibre entre le dit et le non dit
et là, soyons bien d'accord,
cette discussion n'est pas pour te crochepatter, annie amie,
et je répète mes éloges exprimées suite à ma première lecture... de ton poème octobre 23
....
persoje
maintenant
je ne dis plus
j'écris et après je m'en fous
je dis
j'écris une oeuvre
qui doit tenir debout toute seule
(ça c'est moije pour mon écriture)
peut importe si c'est une gribouillis de traits verticaux à la façon de Hans Hartung
ou un portrait figuratif tout bête à la façon Joconde de Léonard
dans l'agencement des mots, dans la construction de la phrase, de la strophe, du poème
même si plein de choses remplissent et s'empilent à l'intérieur
puisque je donne à lire
il faut que la porte ne soit pas verrouillée
un sens m'indique ou tout du moins me suggère,
un plausible, un fil à suivre
une direction, deux trois fragments de puzzle qui s'emboîtent
où je peux construire mon propre échaffaudage
quand je pense que l'écriture poétique
doit être le juste équilibre entre le dit et le non dit
et là, soyons bien d'accord,
cette discussion n'est pas pour te crochepatter, annie amie,
et je répète mes éloges exprimées suite à ma première lecture... de ton poème octobre 23
....
persoje
maintenant
je ne dis plus
j'écris et après je m'en fous
je dis
j'écris une oeuvre
qui doit tenir debout toute seule
(ça c'est moije pour mon écriture)
peut importe si c'est une gribouillis de traits verticaux à la façon de Hans Hartung
ou un portrait figuratif tout bête à la façon Joconde de Léonard
dans l'agencement des mots, dans la construction de la phrase, de la strophe, du poème
même si plein de choses remplissent et s'empilent à l'intérieur
puisque je donne à lire
il faut que la porte ne soit pas verrouillée
un sens m'indique ou tout du moins me suggère,
un plausible, un fil à suivre
une direction, deux trois fragments de puzzle qui s'emboîtent
où je peux construire mon propre échaffaudage
Re: Discussions autour de nos textes
je lis le message de seyne
et donc je me fourvoie dans la compréhension de son commentaire...
cela ne change pas ma façon de comprendre le pourquoi du comment poétique ))
et donc je me fourvoie dans la compréhension de son commentaire...
cela ne change pas ma façon de comprendre le pourquoi du comment poétique ))
Re: Discussions autour de nos textes
je ne sais pas. Ce que disait Annie répondait à mes remarques, à cause de "Florange" et de l'arrière-plan qu'elle y mettait, mais ce que tu as répondu ensuite me semble également justifié. A elle de voir.
Octobre 23
seyne et Frédéric, je vous ai fait une longue réponse, et mon ordi s'est planté quand j'ai cliqué sur prévisualiser
Je recommence brièvement.
L'article indiqué par seyne m'a paru excellent, précis et lucide -merci de m'avoir indiqué ce site- je n'ai qu'à recopier:
"dès lors qu’on descend d’un cran sous le niveau du réel immédiatement perceptible, rien ne peut plus se traduire de manière aussi aisée, ni être reçu de manière aussi universelle."
Chacun reçoit le texte selon sa sensibilité personnelle, ce n'est pas "j'écris et après je m'en fous", c'est : j'écris et je ne suis pas dans ta tête pour lire.
C'est bon, on arrête là ?
Je recommence brièvement.
L'article indiqué par seyne m'a paru excellent, précis et lucide -merci de m'avoir indiqué ce site- je n'ai qu'à recopier:
"dès lors qu’on descend d’un cran sous le niveau du réel immédiatement perceptible, rien ne peut plus se traduire de manière aussi aisée, ni être reçu de manière aussi universelle."
Chacun reçoit le texte selon sa sensibilité personnelle, ce n'est pas "j'écris et après je m'en fous", c'est : j'écris et je ne suis pas dans ta tête pour lire.
C'est bon, on arrête là ?
Annie- Nombre de messages : 1452
Age : 74
Date d'inscription : 07/07/2010
Re: Discussions autour de nos textes
Merci pour ce lien , seyne...
-> http://www.fibrillations.net/La-necessaire-illisibilite
"Schéma : quatre niveaux de saisie possible d’un poème :
je comprends tout d’entrée, impression de transparence
je ne comprends pas tout, mais il y a assez de balises de sens pour que je m’y retrouve
je ne comprends pas, mais avec un effort d’analyse et de décryptage, je finis par construire un sens
je ne comprends pas, même après avoir fait effort ; je n’ai pas de prise sur le texte, comme s’il était écrit en langue étrangère ou dans un langage technique que j’ignore
Dans le dernier cas, on peut encore sauver le travail par la musique, mais pas longtemps."
Je me demande quel est au juste mon niveau de saisie des poèmes de Cerval...
-> http://www.fibrillations.net/La-necessaire-illisibilite
"Schéma : quatre niveaux de saisie possible d’un poème :
je comprends tout d’entrée, impression de transparence
je ne comprends pas tout, mais il y a assez de balises de sens pour que je m’y retrouve
je ne comprends pas, mais avec un effort d’analyse et de décryptage, je finis par construire un sens
je ne comprends pas, même après avoir fait effort ; je n’ai pas de prise sur le texte, comme s’il était écrit en langue étrangère ou dans un langage technique que j’ignore
Dans le dernier cas, on peut encore sauver le travail par la musique, mais pas longtemps."
Je me demande quel est au juste mon niveau de saisie des poèmes de Cerval...
jfmoods- Nombre de messages : 692
Age : 59
Localisation : jfmoods@yahoo.fr
Date d'inscription : 16/07/2013
La nécessaire illisibilté
Calmée, je reviens sur l'article, pour nuancer.
Entre la transparence parfaite et l'opacité totale, j'ai du mal à distinguer exactement 2 paliers, il me semble qu'on est plutôt devant un continuum. C'est un peu comme l'arc-en-ciel : on voit nettement la différence entre les extrémités, mais le découpage en exactement 7 couleurs est arbitraire.
L'autre remarque concerne la situation d'illisibilité. Il y a le cas -rare mais ça existe, où l'illisibilité n'empêche pas la réception, ça m'est arrivé la première fois que j'ai abordé Beckett -L'Innomable, je n'ai RIEN compris, rien de rien, mais j'ai eu la certitude que c'était un grand livre, un livre important. Il m'a fallu presque 10 ans pour revenir et accéder à Beckett, plutôt d'abord par son théâtre, et encore je ne prétends pas comprendre, mais ça me touche, il appartient à mes territoires.
Donc hormis ce cas, que faire et que penser devant une poésie absconse ? J'ai souvent l'impression que c'est du bluff, des mots tapageurs,
des phrases arrogantes, finalement, c'est de la déco comme disait seyne, de la déco qui se prend pour de l'art contemporain. D'un autre côté je n'ose pas franchement rejeter ce que je ne comprends pas ...
J'ai eu l'occasion autrefois d'interroger une conservatrice de Beaubourg : "les personnes responsables des achats du musée, retiennent-ils les œuvres parce qu'ils en ont vraiment saisi l'importance, ou bien parce qu'ils ont peur d'être stigmatisés dans 50 ans comme celui qui a refusé à Van Gogh l'entrée dans les collections du musée ?"
Elle m'a répondu "un peu les deux".
On en est tous là.
Amitié à tous les lecteurs, et au travail.
Entre la transparence parfaite et l'opacité totale, j'ai du mal à distinguer exactement 2 paliers, il me semble qu'on est plutôt devant un continuum. C'est un peu comme l'arc-en-ciel : on voit nettement la différence entre les extrémités, mais le découpage en exactement 7 couleurs est arbitraire.
L'autre remarque concerne la situation d'illisibilité. Il y a le cas -rare mais ça existe, où l'illisibilité n'empêche pas la réception, ça m'est arrivé la première fois que j'ai abordé Beckett -L'Innomable, je n'ai RIEN compris, rien de rien, mais j'ai eu la certitude que c'était un grand livre, un livre important. Il m'a fallu presque 10 ans pour revenir et accéder à Beckett, plutôt d'abord par son théâtre, et encore je ne prétends pas comprendre, mais ça me touche, il appartient à mes territoires.
Donc hormis ce cas, que faire et que penser devant une poésie absconse ? J'ai souvent l'impression que c'est du bluff, des mots tapageurs,
des phrases arrogantes, finalement, c'est de la déco comme disait seyne, de la déco qui se prend pour de l'art contemporain. D'un autre côté je n'ose pas franchement rejeter ce que je ne comprends pas ...
J'ai eu l'occasion autrefois d'interroger une conservatrice de Beaubourg : "les personnes responsables des achats du musée, retiennent-ils les œuvres parce qu'ils en ont vraiment saisi l'importance, ou bien parce qu'ils ont peur d'être stigmatisés dans 50 ans comme celui qui a refusé à Van Gogh l'entrée dans les collections du musée ?"
Elle m'a répondu "un peu les deux".
On en est tous là.
Amitié à tous les lecteurs, et au travail.
Annie- Nombre de messages : 1452
Age : 74
Date d'inscription : 07/07/2010
Re: Discussions autour de nos textes
annie,
je suis heureux de lire ton commentaire de ce matin, je commence à me lasser d'être considéré comme blessant...
donc reste à savoir quand
l'incompréhension d'un texte
vient du lecteur voulant imposer sa vitesse à l'écrit qu'il découvre et aborde
ou
si le chemin du texte a des manques compliquant le voyage jusqu'à l'impossible
je suis heureux de lire ton commentaire de ce matin, je commence à me lasser d'être considéré comme blessant...
- Spoiler:
ton interrogation m'a rappelé le jour où j'ai entrevu comment je fonctionnais (écrivatouillement)
j'ai lu le banquet de Platon vers vingt-cinq ans,
c'est à peu près vers cet âge là que j'ai pris conscience de mon gâchis perso, mais ça, c'est une autre histoire... )))
j'ai découvert alors le mot dialectique
j'écrivais depuis que je sais écrire ...des poèmes... et j'ai collé instinctivement ce mot de dialectique au mécanisme de MON processus de création... c'est ancré ainsi, dans moi, depuis, et notre discussion me remonte cette petite constatation à la surface
dans cette mécanique de démonstration, la dialectique, il y a bien sûr le démontage de l'horloge... mais le primordial, sans quoi toute démonstration est basée sur du vent,
comme pour l'écriture poétique, ou toute création artistique, la qualité de la réalisation provient, d'après moije, que le créateur va chercher son point de départ au plus profond de l'être, là où on ne s'invente rien, où on ne se cache rien, où on ne mythomane pas, au plus proche des sens animales, aux racines de notre vérité. (je me rappelle que Platon apparentait ça à une sorte de vue globale primaire)
après il y a l'arc en ciel, le chemin qu'il ne faut pas perdre, le pont, le démontage de l'horloge...... et il s'agit, à cet endroit, non pas de chercher à ouvrir les portes, mais plutôt, de travailler à ne pas se les fermer. (petit message perso à l'éducation nationale hahaha !!!)
alors, alors,
avec un peu de chance et une ou deux formules qui vous ulent,
l'horloge est belle et bonne, appuyée sur un terreau riche et fertile, huilée, graissée et nous donne l'heure en chantant le tyrolien, où plus, selon affinité
on recule d'un pas ou deux
on attend que cela sèche
et
en lecture à froid, mécano ciseleur contrôleur des travaux,
on vérifie qu'aucune poussière nous fait de l'ombre, sinon,
on se re-démonte le coucou suisse, on re-lubrifie encore les tournures et on s'amidonne les trous de gruyères, jusqu'à ce que le chemin nous soit parfait.... vingt ans sur deux lignes, on s'en fout))))
écrire en gardant le lien entre la sensitivité animale et la syntaxe d'écriture
et se lire avec juste le petit ego-décentrage nécessaire (en posant la question, si j'étais lecteur, est-ce que je me comprendrais...))) ???
même si mes mots s'apparentent plus à de la photo, du collage où je ne sais quelle étrangeté... aux limites de l'abstrait
je suis persuadé que s'il y a l'honnêteté, le résultat ne sera pas du verbiage,
(cf, va lire le dernier texte en prose de vertigo)
par contre
si mon fil d'arc en ciel est rompu, parce que je me suis déconcentré, que j'ai perdu ma vue d'ensemble du départ, que je me suis fermé les portes à trop vouloir me forcer l'intellect et la réflexion, que je ne sais plus exactement ce qu'il veut en dire, que je joue les Sarah Bernhard rêvant d'être applaudie sur scène
bref
s'il me reste des ombres, et que mon dire est basé sur un porte à faux ressentir..... ... etc....
je ne pourrais jamais caché le verbiage, même avec beaucoup de poudre au yeux...
et ce que j'écris sera peut-être plaisant comme une image à la mode, mais pas longtemps, et surtout pas profondément...
il y a l’honnêteté de l'écrivain
et celle du lecteur... ))
le recul de l'écrivain lecteur
........ ps : si un prof de philo a lu ce que je viens d'écrire , qu'il se bouche les oreilles )))))))))))) !!!
donc reste à savoir quand
l'incompréhension d'un texte
vient du lecteur voulant imposer sa vitesse à l'écrit qu'il découvre et aborde
ou
si le chemin du texte a des manques compliquant le voyage jusqu'à l'impossible
Re: Discussions autour de nos textes
Pour ajouter une piste de réflexion à tout ce que vous avez dit les uns et les autres, j'ajouterais cet éclairage : il y a aussi une autre graduation, c'est celle qui va du conscient à l'inconscient.
Un poème à mon avis, s'il a cette justesse et cette honnêteté dont parle Frédéric (et c'est tout un chemin et un travail sur soi, il ne suffit pas de vouloir être honnête, on le sait bien), alors il joue sur plusieurs registres de cette gamme.
Il m'est arrivé d'aimer des poèmes totalement "abstraits", donc abscons. Parce que je pense leur forme, leur mode d'utilisation des mots, leur rythme, leurs étrangetés, parlaient au plus profond de mon inconscient (et je suis convaincue que leur auteur était parti de la voix de son propre inconscient). À contrario, certains poèmes "transparents", évidents, pourquoi laissent-ils une trace si profonde, inoubliables, pourquoi nous semblent-ils si essentiels ? sinon parce qu'ils font résonner plusieurs strates de notre conscience ?
Un poème à mon avis, s'il a cette justesse et cette honnêteté dont parle Frédéric (et c'est tout un chemin et un travail sur soi, il ne suffit pas de vouloir être honnête, on le sait bien), alors il joue sur plusieurs registres de cette gamme.
Il m'est arrivé d'aimer des poèmes totalement "abstraits", donc abscons. Parce que je pense leur forme, leur mode d'utilisation des mots, leur rythme, leurs étrangetés, parlaient au plus profond de mon inconscient (et je suis convaincue que leur auteur était parti de la voix de son propre inconscient). À contrario, certains poèmes "transparents", évidents, pourquoi laissent-ils une trace si profonde, inoubliables, pourquoi nous semblent-ils si essentiels ? sinon parce qu'ils font résonner plusieurs strates de notre conscience ?
Re: Discussions autour de nos textes
tiens, je passais par là, j'ai vu mon nom, alors je suis entré.jfmoods a écrit:Merci pour ce lien , seyne...
-> http://www.fibrillations.net/La-necessaire-illisibilite
"Schéma : quatre niveaux de saisie possible d’un poème :
je comprends tout d’entrée, impression de transparence
je ne comprends pas tout, mais il y a assez de balises de sens pour que je m’y retrouve
je ne comprends pas, mais avec un effort d’analyse et de décryptage, je finis par construire un sens
je ne comprends pas, même après avoir fait effort ; je n’ai pas de prise sur le texte, comme s’il était écrit en langue étrangère ou dans un langage technique que j’ignore
Dans le dernier cas, on peut encore sauver le travail par la musique, mais pas longtemps."
Je me demande quel est au juste mon niveau de saisie des poèmes de Cerval...
qu'importe mon nom : je voulais dire que je n'étais vraiment pas d'accord avec cette sorte de hiérarchisation du comprendre. en cela, bien trop artificiel, bien trop quelque chose qu'on peut dire d'une mauvaise version d'un élève de latin en 5èmeB tout aussi bien que croit-on d'un poème.
pour moi, j'aime ou je n'aime pas : je comprends ou non, ça me "parle" ou non, et c'est très exactement la même chose. quand ça me parle, c'est dans un sens très littéral que le poème s'assied dans ma tête, croise les jambes, allume doucement une cigarette et me parle de lui, de moi ou du reste du monde. j'ai déjà lu des poèmes pourtant très simples que je ne comprenais pas, parce qu'ils m'étaient trop étrangers, comme trouver dans la rue la liste de course de quelqu'un d'autre. en conséquence, lorsque je finis la lecture d'un beau poème j'ai envie d'aller dehors et de vivre.
certes certains choses sont dites simplement, d'autres moins, et d'autres d'une façon dont on ne devine pas le rouage : et pourtant si elles disent elles sont tout aussi sensées qu'une très belle chevelure figurative.
c'est n'est-ce pas le principe de l'image. il est des images qui vous touchent même si on ne saurait dire vraiment ce qu'elles sont. c'est qu'elles ne désignent pas : elles se lèvent du texte, elles marchent, vivantes. elles n'étaient ni dans les mots seuls ni dans leur interstice : elles sont apparues comme une silhouette aux extrémités du regard. on pensera, par facilité, mais pourtant pas que, à de beaux poèmes surréalistes, futuristes. mais il n'est pas besoin de se tenir derrière cette marge qui n'existe pas.
il y a beaucoup trop d'endroits dans ce pays "comprendre" pour prétendre le quadriller. la poésie mais aussi tout le mouvement d'un roman, d'une philosophie, d'une science, précise ou absconse, d'une formule mathématique ou juste le miroir un instant perçu d'une image exigent à chacun propre mille façons de saisir, et je préfère ce mot à comprendre pour ce qu'il révèle à la fin de fonctionnel, et par là je veux moins dire se voir attribuer une fonction que d'être capable de s'insérer, même épiphénoménalement, dans un système qui lui a son sens : saisir c'est avoir dans sa main, et ayant dans sa main manipuler. car comprendre ce n'est pas comme un lierre qui monte au mur s'approcher de son objet ; c'est une affaire de construction : c'est ériger dans soi la scène pour que le sens continue à y produire ses échos. cela ne regarde que vous. moi lorsque je comprends, je m'arrête un instant, puis suis content et je vais vivre, et si je n'ai rien à faire je fume une cigarette. croyez-bien que j'ai la peau très jaune.
Cerval- Nombre de messages : 286
Age : 33
Date d'inscription : 09/09/2012
Re: Discussions autour de nos textes
pas la peine de faire des blagues en disant qu'on ne comprend rien de ce que je dis. j'ai le malheur de penser par images : ensuite je dois tout remettre en concepts. ma pensée est un écolier anglais qui lorsque ce n'est pas un dimanche bariolé est obligée à l'uniforme.
Cerval- Nombre de messages : 286
Age : 33
Date d'inscription : 09/09/2012
Re: Discussions autour de nos textes
cerval,
tu écris toi-même que tu restes hermétique devant certains poèmes
mais que tu ne hiérarchises pas les poèmes que tu aimes et les poèmes que tu n'aimes pas
(où qui te parles et qui ne te parles pas... où qui te / qui te pas...))
est tout à ton honneur
ceux qui écrivent ne pas comprendre ce que tu écris
expriment peut-être par le mot comprendre ce qu'un autre(ici toi) exprimera par le mot aime
il est difficile de savoir
qui est une machine mathématique et qui est un lion endormi au soleil ))
... d'ailleurs, l'humain est un peu des deux je crois...
...
j'aime bien cette petite discussion
même s'il n'y a pas de vérité à comprendre, de solution déifiée à trouver
en fin de compte
d'affiner la connaissance de son processus créatif
construit petit à petit (enfin moije)))
merci à tous et toutes, gens d'ici.
tu écris toi-même que tu restes hermétique devant certains poèmes
mais que tu ne hiérarchises pas les poèmes que tu aimes et les poèmes que tu n'aimes pas
(où qui te parles et qui ne te parles pas... où qui te / qui te pas...))
est tout à ton honneur
ceux qui écrivent ne pas comprendre ce que tu écris
expriment peut-être par le mot comprendre ce qu'un autre(ici toi) exprimera par le mot aime
il est difficile de savoir
qui est une machine mathématique et qui est un lion endormi au soleil ))
... d'ailleurs, l'humain est un peu des deux je crois...
...
j'aime bien cette petite discussion
même s'il n'y a pas de vérité à comprendre, de solution déifiée à trouver
en fin de compte
d'affiner la connaissance de son processus créatif
construit petit à petit (enfin moije)))
merci à tous et toutes, gens d'ici.
Re: Discussions autour de nos textes
"il est difficile de savoir
qui est une machine mathématique et qui est un lion endormi au soleil ))
... d'ailleurs, l'humain est un peu des deux je crois..."
Ca c'est chouette, tiens !
qui est une machine mathématique et qui est un lion endormi au soleil ))
... d'ailleurs, l'humain est un peu des deux je crois..."
Ca c'est chouette, tiens !
Bordures
merci...
Pussicat- Nombre de messages : 4846
Age : 57
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Abus de liberté
j'aime ta poésie, ce n'est pas un scoop et je suis admirative de ton travail sur l'alphabet, mais là je suis perdue... peut-être est-ce la raison de mon commentaire qui me laissait "sans mot-s"...
je suis sortie du brouillard en lisant ton commentaire mais dès que tu as parlé de poème anagramme :
"Ce n'est pas un beau poème, mais un poème anagramme"
le brouillard à nouveau est tombé sur ma lecture...
j'ai posté il y a quelques semaines un petit texte sans prétention sur le Fragments..., pas très bien écrit maintenant que je le relis, intitulé : L'ange à Nagram
L'ange assis sirote un verre de jus d'orties
puis nage jusqu'à l'îlot sans rêver
comme il est beau
..........................bien loti
(c'est un extrait, le début...)
bon, c'est pas génial... je reconnais... c'était un essai, une première fos....
mais j'ai bloqué sur ton texte, jusqu'à le lire, à le relire... et puis, tout à coup, je me suis
posée la question de savoir si tu n'avais pas construit des phrases entières en anagramme,
alors je relirai avec attention jusqu'à trouver... saperlipopette ! )))
je suis sortie du brouillard en lisant ton commentaire mais dès que tu as parlé de poème anagramme :
"Ce n'est pas un beau poème, mais un poème anagramme"
le brouillard à nouveau est tombé sur ma lecture...
j'ai posté il y a quelques semaines un petit texte sans prétention sur le Fragments..., pas très bien écrit maintenant que je le relis, intitulé : L'ange à Nagram
L'ange assis sirote un verre de jus d'orties
puis nage jusqu'à l'îlot sans rêver
comme il est beau
..........................bien loti
(c'est un extrait, le début...)
bon, c'est pas génial... je reconnais... c'était un essai, une première fos....
mais j'ai bloqué sur ton texte, jusqu'à le lire, à le relire... et puis, tout à coup, je me suis
posée la question de savoir si tu n'avais pas construit des phrases entières en anagramme,
alors je relirai avec attention jusqu'à trouver... saperlipopette ! )))
Pussicat- Nombre de messages : 4846
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Abus de liberté
Chacun des vers est anagramme du premier donc de n'importe lequel d'entre eux, on ne fait que se répéter, du pareil au même !
travail! travail! travail! la ravit.
Merci de ton attention.
travail! travail! travail! la ravit.
Merci de ton attention.
Annie- Nombre de messages : 1452
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Re: Discussions autour de nos textes
Il semblerait que je doive recadrer légèrement mon analyse...
Fascinant !
Fascinant !
jfmoods- Nombre de messages : 692
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Re: Discussions autour de nos textes
je plussoie,jfmoods a écrit:Il semblerait que je doive recadrer légèrement mon analyse...
Fascinant !
"Fascinant !"
Pussicat- Nombre de messages : 4846
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Bordures
merci aux nouveaux lecteurs qui ont déposé un petit com'.
Pussicat- Nombre de messages : 4846
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Orphelins
Merci à tous les orphelins qui sont passés par ce jardin avec ou sans fleurs.
Pussy, j'aime ton bouquet plein de délicatesse.
Pussy, j'aime ton bouquet plein de délicatesse.
Re: Discussions autour de nos textes
Zut, quand je vois combien sont intéressants les échanges ici, je regrette de me sentir si peu souvent à ma place en poésie !
Vous devriez intervenir plus souvent en prose !!!
Vous devriez intervenir plus souvent en prose !!!
Invité- Invité
Re: Discussions autour de nos textes
bonsoir coline, tu veux dire en commentaires ? perso j'essaie, avec mes moyens...!coline Dé a écrit:Zut, quand je vois combien sont intéressants les échanges ici, je regrette de me sentir si peu souvent à ma place en poésie !
Vous devriez intervenir plus souvent en prose !!!
l'écriture en prose c'est une montagne pour moi, un Everest, je bloque (va savoir... d'ailleurs, le peu que j'ai posté jusqu'ici est nul...)
Je suis une lectrice admirative... les derniers textes que j'ai lu de mémoire sont de Raoulraoul, AliceAlasmartise, d'autres encore... (merci à eux)... et à la fin de chaque lecture c'est :
"Wouah ! d'accord ! OK ! bon, euh..." ... la sensation d'être toute petite petite petite...
Pussicat- Nombre de messages : 4846
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Lieux
une version d'un - de - texte - s - que j'ai pris plaisir à lire,
seyne, j'ai déplié tes quatre textes pour les lire autrement...
c'est juste un mécano... j'ai mis des majuscules et dans le brouillard une barre penchée... et une ou deux virgules, peut-être et sûrement inutiles, mais je voulais te proposer cette version, en respectant ton texte...
seyne, j'ai déplié tes quatre textes pour les lire autrement...
c'est juste un mécano... j'ai mis des majuscules et dans le brouillard une barre penchée... et une ou deux virgules, peut-être et sûrement inutiles, mais je voulais te proposer cette version, en respectant ton texte...
"On vivrait dans une maison mal foutue posée au centre d’un grand terrain. Buissons d’aubépines partout aux gouttes de sang rouge et noir en automne et herses d’herbe couchée, mêlée de foin, orties aussi, lourdes de graines, comme lances chinoises, comme prêtes à ensemencer la Terre, tout envahir ? et la terre tassée, elle-même, irrégulière, ses chemins qui font un réseau entre des fourrés laissés à leur liberté / rien ne serait fini vraiment / rien ne serait fait pour se voir / être vu, ou montré sauf, en haut du mur de parpaings / la seule belle chose : ces deux chiens, de muscles et de poils et leur violente voix saisissant saluant le passant.
Tu tiens ton grand manteau au dessus de ta tête comme une montagne aux deux versants inclinés.
Tu baisses les yeux sous la grande lumière qui nacre le mur derrière toi, si blanc et vibre mauve dans le ciel et teinte de fauve l’autre montagne au loin, nue. On voudrait baigner dans cette lumière immense atteindre, après deux jours de marche, la montagne qui ne porte absolument rien et rester, rester dans la lumière sans pitié, clémente. Mais on s’invite sous ton manteau - on prend aussi de l’ombre.
Cette maison est au fond d’une friche en contrebas du grand boulevard, construction des années soixante, crépis gris portes béantes. Cette maison a des carreaux cassés où se reflète l’éclat des phares, dessin en creux d’étoiles noires dans les lumières glissantes. Dans cette maison, où j’ose entrer après la traversée des herbes le seuil, est le lieu du désir, l’intérieur celui de l’ombre. Entrer pourtant – faire le pas, et, dans l’obscurité froide les yeux en repos, enfin voir.
Car rien ne bouge, ne bougera.
L’art parlait et tu l’écoutais appareil en main, tu prenais la photo. La photographie est d’une tristesse excessive : cette terre noire battue de pluie, un visage grimé de douleur et de fard, la difformité du réel. Au loin le ciel surexposé semble boire le contour des choses minces dressées devant lui. Tu étais sûrement jeune quand tu l’as prise plein de l’image de ton propre corps élancé, boire la tristesse – comme une liqueur étrangère, ou s’en parer, maquillage à demi barbouillé de pluie, peinture de guerre, masque à porter pour le jeu. Tu n’étais plus un enfant, et fier de ne plus l’être ; le chapiteau du cirque pouvait désormais se dresser pleinement dans la boue le clown fumer sa clope. Ta force, ta force se lit en filigrane dans le choix de ce désarroi dont tout vieillard se détournerait par pudeur, par connaissance."
Tu tiens ton grand manteau au dessus de ta tête comme une montagne aux deux versants inclinés.
Tu baisses les yeux sous la grande lumière qui nacre le mur derrière toi, si blanc et vibre mauve dans le ciel et teinte de fauve l’autre montagne au loin, nue. On voudrait baigner dans cette lumière immense atteindre, après deux jours de marche, la montagne qui ne porte absolument rien et rester, rester dans la lumière sans pitié, clémente. Mais on s’invite sous ton manteau - on prend aussi de l’ombre.
Cette maison est au fond d’une friche en contrebas du grand boulevard, construction des années soixante, crépis gris portes béantes. Cette maison a des carreaux cassés où se reflète l’éclat des phares, dessin en creux d’étoiles noires dans les lumières glissantes. Dans cette maison, où j’ose entrer après la traversée des herbes le seuil, est le lieu du désir, l’intérieur celui de l’ombre. Entrer pourtant – faire le pas, et, dans l’obscurité froide les yeux en repos, enfin voir.
Car rien ne bouge, ne bougera.
L’art parlait et tu l’écoutais appareil en main, tu prenais la photo. La photographie est d’une tristesse excessive : cette terre noire battue de pluie, un visage grimé de douleur et de fard, la difformité du réel. Au loin le ciel surexposé semble boire le contour des choses minces dressées devant lui. Tu étais sûrement jeune quand tu l’as prise plein de l’image de ton propre corps élancé, boire la tristesse – comme une liqueur étrangère, ou s’en parer, maquillage à demi barbouillé de pluie, peinture de guerre, masque à porter pour le jeu. Tu n’étais plus un enfant, et fier de ne plus l’être ; le chapiteau du cirque pouvait désormais se dresser pleinement dans la boue le clown fumer sa clope. Ta force, ta force se lit en filigrane dans le choix de ce désarroi dont tout vieillard se détournerait par pudeur, par connaissance."
Pussicat- Nombre de messages : 4846
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Date d'inscription : 17/02/2012
Bordures
@jfmoods,
merci pour ce second passage, et pour ta lecture (...), je posterai un petit mot, pas ce soir, je suis fatiguée, demain...
merci pour ce second passage, et pour ta lecture (...), je posterai un petit mot, pas ce soir, je suis fatiguée, demain...
Pussicat- Nombre de messages : 4846
Age : 57
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Date d'inscription : 17/02/2012
Lieux
Merci pussicat d'avoir joué avec ces petits poèmes. Présentés ainsi, ils semblent effectivement ouvrir l'espace imaginaire d'un roman. C'est très intéressant, on pourrait se donner une contrainte : dans un livre de photographies, vous en tirez 4 au hasard, vous écrivez un poème sur chacune séparément et puis vous créez un roman où ils se fondent.
(Celle qui n'est pas issue d'une photo c'est celle de la maison abandonnée, plutôt un souvenir de la banlieue de mon adolescence).
Là, ce que j'avais essayé de faire est très différent. C'est plutôt du genre "collage" : faire naître de la juxtaposition de "lieux" différents, et même très différents, une impression commune qui naisse de ces différences juxtaposées. Peut-être un truc du genre : rien de ce qui est humain ne m'est étranger.
Je crois que ce qui pèche c'est que la plupart des scènes, à part une, sont assez sombres (ces photographes de Magnum, ils aiment la misère !). Du coup, il y a un peu trop de convergence pour faire ressortir cette "universalité". C'est beaucoup l'univers des pauvres.
C'est sans doute à cause de cette tonalité sombre un peu excessive que j'ai éprouvé le besoin de faire apparaître le jeune photographe à la fin.
Et pour les points non suivis de majuscule : eh bien si, je crois qu'on peut. On a tous les droits quand on ressent que ça doit être ainsi et qu'on a la licence poétique :-)
Je pensais qu'on n'avait pas le droit de mettre des choses qui ressemblent trop à des erreurs ou des oublis, comme par exemple une seule majuscule manquante....mais le poème de Yoni Wolf (Le glown), justement célèbre ça, la coquille....alors ...
(Celle qui n'est pas issue d'une photo c'est celle de la maison abandonnée, plutôt un souvenir de la banlieue de mon adolescence).
Là, ce que j'avais essayé de faire est très différent. C'est plutôt du genre "collage" : faire naître de la juxtaposition de "lieux" différents, et même très différents, une impression commune qui naisse de ces différences juxtaposées. Peut-être un truc du genre : rien de ce qui est humain ne m'est étranger.
Je crois que ce qui pèche c'est que la plupart des scènes, à part une, sont assez sombres (ces photographes de Magnum, ils aiment la misère !). Du coup, il y a un peu trop de convergence pour faire ressortir cette "universalité". C'est beaucoup l'univers des pauvres.
C'est sans doute à cause de cette tonalité sombre un peu excessive que j'ai éprouvé le besoin de faire apparaître le jeune photographe à la fin.
Et pour les points non suivis de majuscule : eh bien si, je crois qu'on peut. On a tous les droits quand on ressent que ça doit être ainsi et qu'on a la licence poétique :-)
Je pensais qu'on n'avait pas le droit de mettre des choses qui ressemblent trop à des erreurs ou des oublis, comme par exemple une seule majuscule manquante....mais le poème de Yoni Wolf (Le glown), justement célèbre ça, la coquille....alors ...
Re: Discussions autour de nos textes
en fait, chacun de tes textes garde son identité, c'est juste un déplié... pour les "majuscules", tu as raison : on peut tout se permettre quand cela fait sens avec qui est écrit )))
en relisant, je me demande si je n'ai pas fait une erreur de poster ça...
merci pour tes commentaires et ton retour, c'est un plaisir...
en relisant, je me demande si je n'ai pas fait une erreur de poster ça...
merci pour tes commentaires et ton retour, c'est un plaisir...
Pussicat- Nombre de messages : 4846
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Date d'inscription : 17/02/2012
Bordures_Considérations diverses
Oups... Désolé pour le doublon.
"Bordures" m'a aussi fait penser à "ordure"... et, indirectement, au capitaine Bordure de Jarry. À ce monde absurde.
J'ai bien l'impression que nous sommes là au coeur de la problématique de la création poétique. Quelque part entre bénédiction... et malédiction. C'est bien ce que je ressens parfois lorsque je suis dans l'état d'esprit d'écrire. Pourquoi moi ? Pourquoi moi, là ? Pourquoi moi et pas quelqu'un d'autre ?
"Bordures" m'a aussi fait penser à "ordure"... et, indirectement, au capitaine Bordure de Jarry. À ce monde absurde.
J'ai bien l'impression que nous sommes là au coeur de la problématique de la création poétique. Quelque part entre bénédiction... et malédiction. C'est bien ce que je ressens parfois lorsque je suis dans l'état d'esprit d'écrire. Pourquoi moi ? Pourquoi moi, là ? Pourquoi moi et pas quelqu'un d'autre ?
jfmoods- Nombre de messages : 692
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Date d'inscription : 16/07/2013
Bordures
seyne : merci pour le passage et le commentaire. Les plus courts parfois sont les plus touchants
pandaworks : merci... pour le titre, je l'avais, il me vrillait la tête, c'était lui et aucun autre, ces "bordures" me prenait la tête, comme d'autres, mais lui, je tenais à le placer dans le texte...
"hargneuse et sexuée" : ça j'aime, et je confirme
CROISIC : merci pour ton passage et ton commentaire... "quelle écriture", je ne sais pas encore si le "P'tit Poucet" a trouvé le bon chemin... retrouvé )) mémoire (...)
Annie : "c'est dur" à lire ? tant que cela ? Fred aussi parle de violence... je lis que tu as relevé deux extraits qui me sont chers...
Fred : dites-donc monsieur... vous écrivez "cru" et "violent" mais renvoyez la candide vers un lien calligramme à l'apparence coquine... )) avec humour, en plus ! mesurez la distance entre le désir et la frappe, je parle du clavier, de votre pc...
jfmoods : je t'ai déjà remercié et répondu... mais comme tu es venu par deux fois, deux fois je te remercie
pandaworks : merci... pour le titre, je l'avais, il me vrillait la tête, c'était lui et aucun autre, ces "bordures" me prenait la tête, comme d'autres, mais lui, je tenais à le placer dans le texte...
"hargneuse et sexuée" : ça j'aime, et je confirme
CROISIC : merci pour ton passage et ton commentaire... "quelle écriture", je ne sais pas encore si le "P'tit Poucet" a trouvé le bon chemin... retrouvé )) mémoire (...)
Annie : "c'est dur" à lire ? tant que cela ? Fred aussi parle de violence... je lis que tu as relevé deux extraits qui me sont chers...
Fred : dites-donc monsieur... vous écrivez "cru" et "violent" mais renvoyez la candide vers un lien calligramme à l'apparence coquine... )) avec humour, en plus ! mesurez la distance entre le désir et la frappe, je parle du clavier, de votre pc...
jfmoods : je t'ai déjà remercié et répondu... mais comme tu es venu par deux fois, deux fois je te remercie
Pussicat- Nombre de messages : 4846
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Date d'inscription : 17/02/2012
Je vous ai tant aimé
merci pour ton passage,pousse de bambou a écrit:
il y a quelques passages un peu clichés quand même
et puis le style n'est pas toujours très fluide mais on s'en fout car c'est mignon
"passages un peu clichés" : peut-être... lesquels ?
"le style n'est pas toujours très fluide" : peut-être... c'est un vol... précise ton commentaire,
"mais on s'en fout car c'est mignon" : ah non, je ne m'en fiche pas ! et puis ce n'est pas du tout "mignon", ou alors ne n'attaches-tu qu'à la forme (?)))))
Pussicat- Nombre de messages : 4846
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Date d'inscription : 17/02/2012
Nuages et arbres - Eaux
Merci Annie, c'est vrai, j'ai écrit pas mal de poèmes, mais ceux que je connais par cœur tiennent sur les doigts d'une seule main, et celui-ci en fait partie.
Ce sont tous des poèmes anciens, c'est curieux quand on y pense...des poèmes écrits sur papier, ou plutôt écrits dans la tête avant de les "recopier".
Maintenant j'écris presque toujours avec un traitement de texte, à part quelques pistes notées à la main, au passage.
Et vous, avez-vous changé de façon d'écrire au cours du temps ? Et devant certains vieux poèmes, doutez-vous d'avoir progressé, ou seulement changé ?
Ce sont tous des poèmes anciens, c'est curieux quand on y pense...des poèmes écrits sur papier, ou plutôt écrits dans la tête avant de les "recopier".
Maintenant j'écris presque toujours avec un traitement de texte, à part quelques pistes notées à la main, au passage.
Et vous, avez-vous changé de façon d'écrire au cours du temps ? Et devant certains vieux poèmes, doutez-vous d'avoir progressé, ou seulement changé ?
Hygiène publique
Je suis assez d'accord avec la frontière que tu places entre Musset et Mallarmé (même si certains sonnets de ce dernier sont plus abordables que celui que tu cites). En ce qui concerne ta démarche, si singulière, elle ne manque pas de me fasciner.
jfmoods- Nombre de messages : 692
Age : 59
Localisation : jfmoods@yahoo.fr
Date d'inscription : 16/07/2013
Re: Discussions autour de nos textes
seyne a écrit:Merci Annie, c'est vrai, j'ai écrit pas mal de poèmes, mais ceux que je connais par cœur tiennent sur les doigts d'une seule main, et celui-ci en fait partie.
Ce sont tous des poèmes anciens, c'est curieux quand on y pense...des poèmes écrits sur papier, ou plutôt écrits dans la tête avant de les "recopier".
Maintenant j'écris presque toujours avec un traitement de texte, à part quelques pistes notées à la main, au passage.
Et vous, avez-vous changé de façon d'écrire au cours du temps ? Et devant certains vieux poèmes, doutez-vous d'avoir progressé, ou seulement changé ?
Moi aussi je connais ça, l'abandon progressif du stylo, remplacé par un froid traitement texte ! Et pourtant j'en ai rempli des carnets ! d'autant plus que, lorsque je butais dans tel ou tel vers, je reprennais tout depuis le début, je réécrivais les mêmes lignes, me les récitant pour bien les avoir en bouche, rajoutant une syllabe, parfois, pour un peu plus de musique, essayant de ne pas perdre le fil de ce déploiement de ces jets si caractéristique à la poésie. Le fait de réécrire me relançait, et le cahier savait garder traces des évolutions, le principe du plalimpseste. Je pouvais user la moitié d'un cahier avec un poème.
Puis les dessins aussi.
Les numéros de téléphone anonymes.
La liste des courses cotoyant les odes.
Les dessins de quand t'es au téléphone, le remplissage des carreaux du papier.
Le côté chiffoné, bordelique de la chose. Le côté émouvant.
Puis je me suis au traitement de texte parce que je suis un gros flemmard, et du coup je saute toutes les étapes. J'ai perdu la force de réécrire, et peut-être que c'est une cause de mon changement d'écriture. Je ne sais pas si j'ai perdu ou gagné quelque chose, mais raturer me manque.
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